Rake : l’ultime saison fait la satire féroce de la vie politique australienne

SundanceTV diffuse tous les mardi du mois de mars à 20h35 les épisodes de la 5ème et dernière saison de la déjantée série australienne Rake. Le très peu scrupuleux avocat Cleaver Greene a quitté les tribunaux pour un autre genre d’arène : le Parlement, où notre anti-héros occupe un poste de sénateur pour mieux semer le chaos dans une vie politique déjà troublée, faite de politiciens comploteurs, d’attentats et de crises internationales. Co-créateur et star de la série, l’acteur Richard Roxburgh, connu pour ses seconds rôles à Hollywood (Moulin Rouge, Mission Impossible 2), infuse charisme et humour à son personnage très limite de juriste autodestructeur et préposé aux cas compliqués — comme défendre un cannibale et un terroriste par exemple. Le pire est sans doute que Rake aspire à être un homme meilleur, ou du moins à le faire croire à ses proches. Rake aura aussi accueilli dans ses saisons précédents des apparitions de stars comme Cate Blanchett, Hugo Weaving, Elizabeth Debicki ou Toni Collette (et rappelé qu’elles étaient australiennes).

Passer des plaidoiries aux débats parlementaires fut très aisé pour une série où domine la parole, la rhétorique et donc forcément, la langue de bois, l’éloquence et le mensonge. « C’était si drôle à faire », racontait Roxburgh au quotidien The Guardian. « C’est cette chose affreuse que de rester focalisé sur un sujet tout en arrivant quelque part à tourner autour et dire n’importe quoi. Comment réussit-on ça ? C’est un miracle que les politiciens parlent tant pour ne rien dire. C’est comme si on nous extrayait le cerveau quand on les écoute trop longtemps ». Se nourrissant d’une vie politique australienne droitisée (un sénateur a pu parler de « solution finale » pour vanter les mérites d’une politique anti-migratoire en 2018), la série assume parfois sortir de la réalité pour foncer dans la farce pure. Il serait facile d’être cynique face à la politique, australienne ou d’ailleurs, mais Roxburgh plaide pour l’humanité de la série et de son personnage : « c’était important pour nous d’avoir du coeur, que Rake ait un coeur, et que l’on soit concerné par les épreuves des personnages. Le personnage de Cleaver tâtonne. Il ignore quel est son vrai monde moral jusqu’à ce qu’il plonge les yeux dans quelque chose qui y soit opposé, et il voit ensuite clairement ce qu’il n’est pas ».

Léo Soesanto.

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