Portrait d’Archie Panjabi, star de Next of Kin

Dans Next of Kin, diffusé depuis le 18 octobre sur Sundance TV, Archie Panjabi s’impose dans le rôle de Mona, médecin anglais d’origine pakistanaise dont la famille est menacée — de l’intérieur comme à l’extérieur — par le spectre de la radicalisation. C’est un retour au bercail londonien pour l’actrice, surtout connue pour sa carrière télé américaine, en particulier dans le rôle de Kalinda Sharma, la pugnace enquêtrice bisexuelle, toute de cuir vêtue, dans la série judiciaire The Good Wife.

Née près de la capitale britannique en 1972 de parents indiens, Archie (diminutif d’Archana) Panjabi se destine à l’adolescence à une carrière d’actrice. Refusée trois au casting d’Eastenders, le légendaire soap opera diffusé sur la BBC depuis 1985, elle persévère néanmoins et se fait remarquer au cinéma dans la comédie dramatique East is East (1999) de Damien O’Donnell, en fille issue d’une famille anglo-pakistanaise tiraillée entre ses deux cultures, puis dans Joue là comme Beckham (2002) de Gurinder Chadha, en grande soeur de Jess (Parminder Negra), la fan de foot qui doit elle aussi choisir entre traditions et passion.

Propulsée à Hollywood, elle enfile les rôles entre cinéma (Une Grande Année (2006) de Ridley Scott, aux côtés de Russell Crowe en héritier d’un vignoble, Un Coeur Invaincu (2007) de Michael Winterbottom, sur l’assassinat par Al-Qaïda du journaliste Daniel Pearl, avec Angelina Jolie) et télévision (les séries Brooklyn Nine-Nine, Blindspot). Mais c’est bien The Good Wife qui couronne sa carrière et qui lui vaut en 2010 un Emmy Award du Meilleur Second Rôle Féminin, battant notamment les actrices Christina Hendricks et Elizabeth Moss pour Mad Men. Joli pied de nez à l’agent artistique américain qui lui avait déclaré à ses débuts qu’aucune actrice indienne ne pouvait faire carrière aux Etats-Unis.

Après un second rôle aux côtés de Gillian Anderson dans le thriller anglais The Fall, Next of Kin marque en fait le premier rôle de Panjabi à la télévision britannique : « le rôle me paraissait très bon », déclarait-elle au journal The Telegraph. « Je voulais faire quelque chose en Angleterre mais quelque chose d’adéquat, qui soit à ma portée mais qui me mettre à l’épreuve en même temps ». La série lui parait aussi nécessaire : « elle jette la la lumière sur le phénomène de la radicalisation dans l’espoir que les gens en discutent ». Un rôle nuancé de femme courage, prête à tout pour protéger sa famille, pour celle qui se décrivait au journal Daily Telegraph comme « vilaine mais gentille ».

Léo Soesanto.

 

Crédits photos ©Eric Scott

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