Le Géant qui dort, un conte d’été sur l’adolescence

Dans le Géant qui dort (2015), diffusé le jeudi 7 février sur SundanceTV à 19h30, il n’y a pas de colosses ou de monstres ensommeillés, mais juste une falaise spectaculaire, qui donne son titre au film, au bord d’un lac de l’Ontario. Les lieux sont l’épicentre du triangle d’amitié et rivalité entre Adam, jeune garçon sensible venu de la ville, et ses cousins Riley et Nate qui vivent dans la région, plus durs et revêches. En vacances d’été, Adam vient tout juste de faire la connaissance de ses cousins et, de ce pitch très simple, le réalisateur canadien Andrew Cividino tire un premier long métrage plus que prometteur, qui saisit l’hypersensibilité de la jeunesse. Nate fanfaronne de machisme face à Adam et jalouse secrètement son lien naissant et fort avec Riley, qui lui même envie le confort de la vie en ville. Ces éclosions diverses de sentiments — bientôt bousculées par l’arrivée de la meilleure amie d’Adam, Taylor — provoquent nombre de situations où les trois ados se révèlent, entre disputes, cachotteries et jeux dangereux où il faut s’affirmer coûte que coûte. Voici un film comme l’été : coloré, chaud jusqu’au point de faire s’étouffer ses protagonistes et vraiment de saison. « Nous avons mis en boîte près de 70 heures d’images; il n’y avait pas moyen de revenir en arrière », confiait Cividino à Now Magazine. « C’est un film d’été, tourné en été, nous étions là pour 20 jours et quand c’est fini, il n’y a pas d’occasion de retourner des scènes ».

Le Géant qui dort est un prolongement du court métrage de Cividino du même nom. En réalité, le cinéaste avait déjà tourné le long métrage, mais en a tiré au préalable une version courte, davantage centrée sur Adam tandis que le long donne de l’espace aux trois personnages, « les espionne et les accompagne dans leur voyage ». En parlant de voyage, Le Géant qui dort a fait une belle carrière en festivals, débutant à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes, continuant au Festival de Toronto, pour finir nominé aux Ecrans Canadiens (l’équivalent canadien des Oscars) dans les catégories Meilleur Film et Meilleur Réalisateur. Des débuts plus que prometteurs pour un réalisateur qui revendique les influences de Fish Tank (2009) d’Andrea Arnold, Pique-Nique à Hanging Rock (1975) de Peter Weir et Morse (2008) de Tomas Alfredson — autant de contes cruels, beaux et lyriques sur la jeunesse, à l’image du Géant qui dort.

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