All Tomorrow’s Parties, un documentaire rock, impressionniste et libre

All Tomorrow’s Parties (2009), diffusé sur SundanceTV le jeudi 28 mars à 23h45, est un documentaire sur le festival anglais de rock du même nom — et qui renouvelle le genre avec audace. Nommé d’après la chanson du Velvet Underground, l’évènement accueille depuis presque 20 ans la crème de la musique indé, pop, rock, folk ou hip-hop. On peut ainsi voir défiler ici Nick Cave, Portishead, Sonic Youth, Iggy et les Stooges, GZA, Daniel Johnston et tant d’autres. Mais loin du film classique de concert où l’on alterne en permanence entre plans larges des musiciens et gros plan sur le chanteur, le film repose sur une approche impressionniste, non linéaire où il s’agit de s’immerger dans la musique mais aussi, dans un sens, dans l’âme du festival — libre et foutraque. All Tomorrow’s Parties tire son matériau de 600 heures d’images accumulées sur dix ans dont beaucoup ont été filmées par les fans, invités à envoyer tout ce qu’ils ont pu capturer avec leur caméscope ou téléphone portable : le va-et-vient se fait entre la scène et le public et le guitariste occupé à faire du bruit est aussi tout aussi important ici que le festivalier de base, canette de bière en main.

C’est un donc un véritable collage de sources hétérogènes, co-réalisé avec le public, que Jonathan Caouette livre comme un trip sensoriel. Le réalisateur américain était un choix logique : il fut révélé en 2003 avec son film Tarnation, portrait autobiographique de famille, et de sa relation complexe avec sa mère, entièrement composé des vidéos personnelles (VHS, Super 8) qu’il a lui-même filmées sur vingt ans. Comme All Tomorrow’s Parties, il s’agit d’un collage expérimental où il s’agit de trouver un sens, mais aussi une forme de liberté, de libération dans le flot des images, souvenirs et impressions. Une forme d’ivresse :  « même les films expérimentaux les plus abstraits ont une structure en trois actes quand on y pense », déclarait Caouette à la revue de cinéma Sight and Sound. « Je me suis vite rendu compte que l’atmosphère du festival était si merveilleusement chaotique et incontrôlable que je devais la filmer comme si on participait à une course de relais ».

Léo Soesanto.

Billets de Blog récents [ en bas de monopage d'un blog ]

24 hours party people

Le 15 Août, le Festival de Woodstock fête ses 50 ans. Séance massive et sauvage pour célébrer l’arrivée de l’été… Lire plus

An accidental studio

Lorsque le tournage de l’inoubliable « La vie de Brian » a été menacé par un manque de financement, quelqu’un d’inattendu est… Lire plus

24 hours Gay Pride

Nous ne sommes pas fiers uniquement un jour par an de la diversité, de la liberté et du droit d’aimer… Lire plus